PARCOURS INTER CULTUREL  
   

// ESPLANADE EXTÉRIEURE DE LA PLACE DES ARTS
175, rue Sainte-Catherine Ouest
(514) 285-4200

14 h 30
CULTURE MONTRÉAL
Café corsé

SAMEDI 01 OCTOBRE
 

Un café-débat sur la diversité culturelle animé par le comédien
André Robitaille avec les panélistes : Orlando Arriagada (Tutti Frutti films), Sylvie Lachance (MAI), Didier Lucien (comédien) et Milton Takana (Accès-Asie)

 

Café corsé
Un débat sur la diversité culturelle dans les arts :
Le difficile parcours de la reconnaissance et de la représentation

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Le panel : Sylvie Lachance, Orlando Arriaga, André Robitaille, Didier Lucien, Milton Tanaka

Après les présentations d'usage de l'animateur, André Robitaille et des quatre panélistes, une première intervention du public allait orienter le débat autour de l'épineux sujet de la langue d'usage. Évoquant la joie qu'elle a ressentie en entendant discuter en français une femme d'origine russe et une autre portugaise, Gisèle Lafortune a demandé aux panélistes leur avis quant à ce qu'il faudrait faire pour que les nouveaux arrivants adoptent le français.

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Jean Ndinsil

 

Originaire du Chili et depuis quatorze ans au Québec, Orlando Arriagada dit avoir naturellement adopté le français compte tenu des similarités avec l'espagnol. Le Japonais d'origine Milton Tanaka a pour sa part défendu la loi 101, rappelant à l'auditoire que, lors son arrivée à Montréal, il se faisait souvent répondre en anglais, alors qu'il s'adressait en français aux commis, au centre-ville. Une réponse plus cinglante à cette question est venue de l'éditeur du journal Mille Visages, Jean Ndinsil, d'origine africaine, avouant avoir appris le français " à coups de fouets " dans son pays. Lui aussi déplore qu'on s'adresse souvent à lui en anglais à Montréal, mais c'est davantage la qualité de la langue qui le révolte, la langue qu'on parle dans la rue comme dans les médias et qu'on enseigne à l'école. " Je dois tous les jours corriger mon fils qui revient de l'école. Qu'on me parle bien et les gens vont adopter votre langue. "

Le rappel du thème principal est venu de Daniel Turp, député du Bloc québécois à Ottawa, qui a tenu à souligner l'importance de donner accès à la culture des autres, saluant du même coup le Parcours interculturel et les Journées de la culture, tout en se portant à la défense de la diversité culturelle. " Le vrai combat de la diversité, c'est celui de l'équité contre la discrimination. " Il reviendra plus tard se porter à la défense d'une représentation plus adéquate des communautés culturelles au sein des instances décisionnelles que sont les conseils des arts et autres bailleurs de fonds pour la culture.

Si certains sous la tente ont évoqué la création de régimes de financement dédiés aux communautés culturelle, pour Orlando Arriagada, la question n'est pas là. Dans le milieu extrêmement compétitif qu'est le milieu des arts, l'excellence doit demeurer le seul critère. Il refuse par ailleurs de s'étiqueter comme producteur de films " ethniques " alors que son créneau actuel est le documentaire, point. Il ajoute que la prochaine génération, celle qu'il voit dans les universités aujourd'hui, sera davantage le reflet du Québec multiculturel, avec une diversité de gens dans les postes décisionnels.

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La question clé de la diversité culturelle réside certainement dans la capacité d'ouverture du public et des institutions aux artistes d'origine ethnoculturelle. Pour Sylvie Lachance, cela va de soi : le centre qu'elle dirige, Montréal, Arts Interculturels (MAI), ayant spécifiquement cette mission. Milton Tanaka souligne que certaines disciplines sont plus difficiles à pénétrer que d'autres. Les arts visuels regorgent d'expositions d'artistes d'origines diverses. Il évoque toutefois, parlant d'une activité du festival Accès Asie, la difficulté de présenter des productions culturelles plus pointues à des clientèles ethniques, voire même au grand public, ramenant ainsi le débat à la difficulté de la diffusion contemporaine. Sylvie Lachance renchérit en se rappelant un programme de danse où l'artiste, connue et reconnue, a construit son spectacle en incorporant certains éléments de sa culture d'origine. Le public sur place, contemporain et branché, y a vu une manifestation folklorique qui a déplu. Cette association des cultures ethnoculturelles à la seule dimension folklorique constitue un problème.

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C'est au niveau des médias de masse que le problème de la représentation est plus criant car on touche là une frontière invisible, celle qui sépare la réalité de la perception qu'on en a. On rejoint ici le cliché où l'Haïtien sera chauffeur de taxi, l'Asiatique chef cuisinier ou propriétaire de dépanneur… " Attention aux stéréotypes, dit Orlando. Je ne danse pas la salsa. " Le comédien Didier Lucien, Haïtien d'origine et arrivé au Québec à 3 ans, regorge d'anecdotes sur sa situation. Avouant avoir plusieurs cordes à son arc, il figure parmi les comédiens qui jouent beaucoup. Lors d'entrevues téléphoniques, il dit être sélectionné dans 90 % des cas. Lors d'auditions en personne, ses résultats sont nuls. Il évoque entre autres des situations où des producteurs de publicité spécifient ne pas vouloir d'acteurs identifiés aux communautés ethniques. Il jouera prochainement dans le téléroman Pure laine, mais rarement a-t-il vu un rôle de Noir défini autrement que par les stéréotypes.

Le comédien Alejandro Moran, d'origine mexicaine et au Québec depuis plus de 15 ans, évoque un parcours plus difficile. " Depuis que je suis au Québec, j'ai toujours trouvé des obstacles. Même dans les auditions où l'on demande des Latinos, j'ai toujours été refusé. " Si ce n'était de son travail avec sa troupe, le Ollin Teatro Transformacion, son intégration à la scène théâtrale d'ici est presque nulle. Encore dernièrement, un rôle de Latino-américain qu'on lui destinait sur mesure lui a échappé au profit d'un Belge.

Louise Sicuro

Louise Sicuro

La directrice des Journées de la culture, Louise Sicuro, elle-même d'origine italienne, a pris la parole pour souligner que les gens qui s'intègrent le mieux savent conserver des éléments de leur culture tout en s'assimilant à la culture d'accueil. Milton Tanaka mentionne avoir mangé de la poutine à Tokyo; Orlando Arriagada, en Bolivie; Didier Lucien, à Port-au-Prince…

Un dernier mot rassembleur est venu de la directrice du Festival du monde arabe, Aida Kamar. " Montréal est une grande métropole. Ici, il est permis de rêver, dans une ville riche de sa diversité, où la culture de chacun s'inscrit dans un creuset commun, qui devient notre culture. Nous avons le potentiel à Montréal de vivre cette situation… ".fin

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Compte-rendu et photographies de Michel Lefebvre.

 

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CRÉDITS

 

Le Parcours interculturel est une production du Secrétariat des Journées de la culture réalisée avec la participation financière du ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles, de Patrimoine canadien, de la Fondation du Grand Montréal, du Cirque du Soleil, et de la Ville de Montréal.

 
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