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Nikamowin: de plus en plus découvrable Publié le : 4 mars 2021

Texte: Mélanie Jannard


C’est dans l’objectif de devenir une référence en matière de découverte des artistes autochtones sur le web que Musique nomade, petite sœur mélomane du Wapikoni mobile, a inscrit la seconde phase du projet de Nikamowin au Lab culturel.

Née en 2018, Nikamowin est une plateforme d’écoute gratuite qui regroupe plus de 200 artistes du Canada et d’ailleurs. «Un peu comme Spotify ou Apple Music», aurait-on le réflexe de penser. Pas tout à fait, et la nuance est importante en ce qui concerne sa découvrabilité. Comment arriver à se démarquer sur le web en étant sans cesse comparée aux géants de l’écoute en ligne?

Donner les bons outils à son site web afin de le rendre le plus visible possible sur internet: voilà ce qui définit, simplement, le concept de «découvrabilité», sur lequel est fondée la phase deux du projet Nikamowin. La jeune plateforme d’écoute n’a pas été créée dans le but de faire compétition aux plus connues, mais plutôt en complémentarité à celles-ci. Pour les artistes, «c’est une fenêtre de plus sur leur catalogue», explique Étienne Gagnon Lalonde, chargé des projets numériques chez Musique nomade. Elle permet aux gens de découvrir les artistes, d’en écouter quelques pièces sélectionnées, puis d’aller prolonger l’expérience sur leur plateforme préférée pour en écouter davantage.

Il est donc important que les contenus de Nikamowin soient mis de l’avant sur le web. Maintenant que la structure de la plateforme est bien implantée, l’heure est venue de mettre en place une stratégie pour qu’elle soit accessible au plus grand nombre de personnes potentiellement intéressées.

Devenir la star des moteurs de recherche

Le bon référencement est sans doute le résultat d’une stratégie de découvrabilité la plus concrète et la plus convoitée qui soit. Évidemment, tout le monde rêve de «sortir en premier sur Google»… Mais n’est pas Ricardo qui veut! «Il y a une batterie de mesures de la découvrabilité, mais rien qui la garantit», mentionne Étienne, soulignant la complexité de cette étape dans laquelle on doit se plonger en acceptant l’incertitude. «En soi, [la découvrabilité] peut être résumée assez facilement; mais rapidement, on tombe dans quelque chose sur quoi, en tant qu’organisme, on n’a pas le contrôle direct. On sort de notre champ d’expertise», dit-il.

Métadonnées, données structurées, système de gestion de contenus: nébuleux pour plusieurs, ce langage peut même rebuter les organisations culturelles à but non lucratif, par exemple, ayant des ressources financières limitées. S’entourer d’une équipe spécialisée en découvrabilité et allouer les budgets nécessaires à cette étape est primordial. De plus, comme le web est en perpétuel mouvement, il s’agit d’un travail de fond qui doit être adapté et mis à jour de manière continue, au risque de voir ses efforts devenir désuets trop rapidement. «On peut toujours être plus découvrable», résume le chargé du développement. «Il faut donc tracer une limite pour savoir quand s’arrêter.»

Trouver… sans même chercher

Lorsque nous voulons faire du pain aux bananes, nous écrivons «pain aux bananes» dans Google, et hop!, voilà qu’une foule de variations sur un même thème s’offrent à nous – avec en tête les propositions de ce cher Ricardo, dont l’équipe web a su cataloguer ses contenus de manière exemplaire. Mais qu’en est-il si nous ne savons pas exactement de quel dessert nous avons envie? Dans le même sens, comme Nikamowin vise à faire découvrir les musiques autochtones – que nous ne connaissons pas nécessairement –, il est impératif que ses contenus puissent être trouvés sans avoir à taper le titre exact des chansons ou le nom des artistes dans la barre de recherche. Ainsi, ce sont certains mots-clés qui permettront de découvrir les sons d’Anachnid, de Q-052, d’Eadsé ou de Kanen, par exemple. Parmi les nombreux défis de la découvrabilité, Étienne Gagnon Lalonde évoque aussi l’obstacle de la langue. Plusieurs règles sont à considérer pour rendre découvrables des artistes dont les paroles sont en cri, en atikamekw ou en français, dans toute l’immensité d’un web principalement en anglais.

Malgré la complexité du processus, l’équipe de Musique nomade est satisfaite du travail accompli jusqu’à présent dans la deuxième étape de son projet et entrevoit déjà la suite. Une application mobile? Un fonctionnement plus interactif? Tant que la plateforme sera pertinente, son potentiel de développement sera infini. Chose certaine, l’expansion du catalogue ne sera pas mise de côté! Artistes pop, rock, rap, électro, folk et même trad s’y côtoient afin de remplir la mission principale de Nikamowin: faire briller les musiques d’artistes autochtones dans toute leur pluralité.


Soutien du Lab culturel

Aide financière de 20 000$ : cet accompagnement permet à l’équipe de Musique Nomade d’évaluer le niveau de découvrabilité de la plateforme en vue de l’optimiser à l’aide de plusieurs outils technologiques (SEO, OpenGraph, base de données SSOT, etc.).

Le Lab culturel a été initié par Culture pour tous dans le cadre d’une mesure du Plan culturel numérique du Québec du ministère de la Culture et des Communications.

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