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Culture en entreprise

RONA accueille le Corrid’art Publié le : 21 août 2012

Michel Lefebvre

Avec la participation de quelque 300 employés de six départements de l’entreprise RONA (Boucherville), l’artiste Gilles Doré* a dirigé sur une durée de six jours la création de six tableaux collectifs de 40 pouces par 60. Les toiles sont exposées dans le couloir central de 500 pieds de l’entreprise : «Corrid’art».


Depuis plusieurs années, l’artiste Gilles Doré* promène ses pinceaux, ses toiles et son enthousiasme à travers le Québec afin d’orchestrer la création d’œuvres collectives avec des dizaines ou des centaines de personnes, comme ici au centre administratif de RONA, à Boucherville. Sous le nom du Pinceau voyageur, il vend son expérience auprès de gens qui n’ont, pour la plupart, jamais peint.

L’idée de faire appel à la contribution du personnel du centre administratif a tout de suite séduit Daniel Richard, directeur des communications internes affilié au département «Personnes et culture» qui a notamment pour mandat d’animer la vie collective de l’entreprise. «On voulait un projet qui sollicite la participation des employés.»

Sur six jours, trois cent personnes de cinq départements défileront à tour de rôle pour ajouter leur coup de pinceau à l’un des tableaux créés dans le cadre du projet Art au travail. En fait, cinq tableaux seront créés par les employés et un sixième par les enfants de la garderie Domisol de l’entreprise.

On visait au départ le chiffre magique de la création: 7 jours pour 7 tableaux et 7 départements. Mais le recrutement de volontaires ne se fait pas en criant «pinceau».

«Il y a eu un travail de mobilisation à faire auprès des employés. Il faut susciter l’intérêt, voire forcer un peu la participation, l’objectif étant justement d’inciter les gens à poser des gestes qu’ils ne font pas dans leur quotidien», nous dit Daniel Richard.

S’il relève de l’entreprise d’amener les employés jusqu’à l’artiste, il incombe ensuite à l’artiste d’amener les employés jusqu’au tableau, avec un pinceau entre les mains. Comment s’y prend-t-on pour agencer toutes ces interventions dans un tout cohérent?

Rona_Chaosmercialisation5
Chaosmercialisation

Tout d’abord, les toiles sont prêtes à peindre le matin (enduites d’un apprêt foncé) quand un premier groupe d’une dizaine de personnes, d’un des départements, arrive. Les grandes lignes sont décidées spontanément sur place, avec l’artiste: la «chaosmercialisation» pour le département de la commercialisation; les Olympiques pour le département du marketing (RONA commandite l’événement sportif d’hiver à Vancouver); un paysage d’hiver pour celui des finances, etc. Ce premier groupe a donc pour tâche d’élaborer un concept et la façon de l’illustrer. Il orientera le tableau. Si le temps le permet, il réussira à réaliser une esquisse de ce qui deviendra l’œuvre de son département.

L’activité se déroule dans le corridor, plus précisément dans le Corrid’art, un espace ainsi désigné par RONA pour la tenue d’activités artistiques. Trente minutes plus tard, un second groupe arrive et entame une autre étape de la création en suivant les consignes générales et les conseils techniques de Gilles Doré, véritable chef d’orchestre. Il faut rendre compte de l’enthousiasme communicatif de l’artiste qui, en à peine 30 minutes, réussit à initier un groupe de 8 à 12 personnes à quelques gestes et techniques simples de création d’une toile: estompage au doigt, variation d’épaisseur, de quantité de peinture, utilisation du pinceau sec, toucher, superposition de couleurs, définition de contours, etc.

Et non, ce n’est pas de la peinture par numéros. «Tout au long de la journée, des décisions esthétiques sont prises, dit Gilles Doré. Il s’agit d’une aventure collective, collaborative, avant tout. Ce n’est pas une juxtaposition de tableaux personnels… Si des gens ont une signature plus marquée, je les invite à répartir leurs interventions à travers le tableau plutôt qu’à occuper un espace défini. Il y a beaucoup de gestuelle, même du barbouillage contrôlé, parfois. Pour la toile sur le thème de la chaosmercialisation, on voulait des gestes désorganisés. Chacun y est allé d’un trait, et on tournait le tableau pour déjouer la notion de sens. Je parle aussi beaucoup des silences, des espaces de vide. Au début, les gens sont toujours hésitants… Mais on crée une atmosphère, une demi-heure c’est quand même peu, on commence sceptique et on part avec enthousiasme…»

En fait foi cette séance où chacun des participants a apposé l’empreinte de son pouce pour définir le contour d’une planète. Dans ce tableau, le sigle olympique est illustré par 5 planètes. À la fin de l’exercice, le groupe a posé pour une photo et tous ont brandi leur pouce taché de peinture, une signature bien visible et solidaire qui illustre adéquatement l’objectif même de l’activité: susciter l’adhésion, l’appropriation, par la création d’une œuvre collective.

DSC_0223Le 27 septembre, à la veille des Journées de la culture, les 6 tableaux sont présentés dans le Corrid’art et le personnel est convié à leur inauguration durant l’heure de lunch.

Ils n’avaient été vus qu’un à la fois, en cours de travail, par chaque équipe. Ils y resteront quelques semaines jusqu’à l’organisation d’une nouvelle activité. «La désignation de cette partie de l’édifice comme espace voué à l’art est arrivée un peu par hasard, lors de l’agrandissement du centre administratif en 2005, relate Daniel Richard. Il fallait un corridor plus large pour des questions de sécurité en cas d’accident et nous avons pensé en faire un espace de convivialité pour des activités d’arts visuels.» Une première exposition regroupait un ensemble d’œuvres de tout genre, – sculptures, photos, bijoux, peintures, etc. –, sélectionnées en faisant appel au personnel et à leur entourage. Lors d’une deuxième exposition, une thématique fut suggérée: l’intégration d’un produit de la compagnie. Puis RONA accueillit Les robes de papier, une exposition d’art brut réalisée par Les Impatients.

Une autre activité du groupe RONA, qui compte 12 300 employés à travers le Canada, témoigne d’une philosophie de gestion qui fait appel aux arts pour susciter l’expression, l’adhésion et le sentiment d’appartenance. Lors de leur rencontre annuelle, le Salon du printemps, un gala Reno-Star fait appel aux employés pour la tenue d’un spectacle. Au programme de l’année prochaine: le grand cirque des couleurs.

Faut-il voir ici une nouvelle œuvre collective? Du pinceau à la scène, même combat!

Gilles Doré

DSC_0218_croppeArtiste peintre, Gilles Doré a produit des toiles peintes à l’acrylique inspirées de sujets proches de la communauté. Après un parcours à travers l’art abstrait, la gravure, le land art, les installations, les performances et les bas-reliefs de papiers, c’est vers une figuration renouvelée de la classique peinture sur toile qu’il a ensuite orienté sa pratique. Avec le Pinceau voyageur, il proposait un concept de peinture collective pour tous les groupes et contextes de réunion, ainsi que les milieux corporatifs et scolaires.

*Gilles Doré est décédé en octobre 2010.

RONA

RONA est le plus important distributeur et détaillant canadien de produits de quincaillerie, de rénovation et de jardinage. RONA exploite un réseau de 668 magasins corporatifs, franchisés et affiliés, de dimension et de format variés, qui emploient plus de 26 000 personnes dans toutes les régions du Canada, sous diverses bannières. Le réseau de magasins RONA totalise plus de 14 millions de pieds carrés et réalise des ventes au détail annuelles de 6 milliards de dollars (données de l’époque du projet).

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