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Passeurs de rêves

Maryse Latulippe : donner vie au papier Publié le : 19 février 2020

Crédit : La Fabrique culturelle de Télé-Québec

Artiste dans l’âme depuis l’enfance, Maryse Latulippe a pourtant mis du temps à faire le courageux choix de croire en elle. Portrait d’une artiste audacieuse et qui sème la joie dans le cœur de ceux qui osent… Illustratrice et designer graphique, Maryse Latulippe trouve son bonheur dans les arts visuels. Voilà trois ans qu’elle participe au programme Passeurs de rêves avec l’atelier Les petits papiers, où elle partage sa passion pour l’origami aux élèves de troisième secondaire. Plus qu’un harmonieux passe-temps, l’origami s’est introduit dans la vie de Maryse comme de l’art-thérapie : « À une époque, j’avais un travail de bureau très routinier qui ne me plaisait pas du tout… J’avais besoin que ça bouge, de commencer un projet. Et pourtant, je ne faisais pas grand-chose pour que ça change… Je suis donc passée par une phase de dépression majeure. »S’en est suivi une période de confinement dans sa chambre, où son attention s’est tournée vers un livre sur l’origami, prêté par une amie. Tout naturellement, elle s’est trouvé un talent indéniable pour la création en papier. Depuis, l’origami est devenu un beau geste machinal pour Maryse, qui le pratique au même titre que certains tricotent, à table ou lors d’une conversation entre amis. Elle repousse même les limites de sa créativité en acceptant des défis, comme celui de réaliser des formes miniatures en papier.

Dans la beauté et la complexité des formes géométriques, Maryse a vu une discipline inclusive et qui mérite d’être partagée : « N’importe qui peut le faire. Il faut juste avoir un peu de patience et de la concentration. C’est une activité accessible à tous, et on peut très vite avoir des résultats satisfaisants. En plus, ça va interpeller les jeunes qui ont une fibre artistique, mais aussi les moins artistes, ceux qui ont un esprit plutôt « ingénieur » : on fait de l’assemblage sans aucune colle, mais comment ça tient ? Pourquoi ? C’est comme un casse-tête ! »Ce que Maryse cherche à offrir aux élèves avec son atelier, c’est un temps de pause. Dans un monde en constante effervescence, les jeunes sont submergés par des stimuli externes, sollicités quotidiennement par les tablettes, les téléphones cellulaires ou les jeux vidéo. L’origami leur permet de s’arrêter un instant et de créer quelque chose de beau en suivant de simple étapes. « Parfois, quatre petits voisins viennent faire de l’origami à la maison. L’un d’entre eux est extrêmement doux et calme quand il fait de l’origami, alors que sa mère le considère comme hyperactif, voire turbulent ! Il est méconnaissable. »

Mise à part la concentration, l’autre vertu essentielle à la pratique de l’origami est la patience, et Maryse en a à revendre, qui lui sert aussi bien dans ses propres réalisations artistiques que pour encourager les élèves à entamer et terminer leurs projets. Aux adeptes du « bin là, ça sert à quoi ? », elle prouve que cet art japonais millénaire est une source d’inspiration pour les architectes, les scientifiques et même la NASA. De ses nombreuses pratiques, plusieurs témoignages d’élèves l’ont particulièrement touché ou marqué. Nous n’en retiendrons qu’un, qui résume bien l’esprit derrière cet art géométrique.« Au tout premier atelier que j’ai donné, il y avait un jeune assis devant la classe. Il s’était tout de suite braqué en s’exclamant qu’il était pourri en origami, qu’il avait déjà essayé et que ça ne marchait juste pas avec lui. Il manquait clairement de confiance. Durant l’atelier il pliait, me regardait, dépliait… D’un air pas très sûr. Mais à la fin des trois rencontres, il est venu me voir en me disant qu’il était en train de remplir sa chambre de grues en papier ».Ce sont les belles rencontres qu’elle y fait et son naturel à prendre le temps de bien faire les choses qui font que Maryse renouvelle chaque année son atelier avec Passeurs de rêves. Pour conclure, on ne trouve pas une plus belle chute que la jolie réponse de l’artiste lorsqu’on lui demande ce que, selon elle, la pratique artistique apporte aux jeunes en milieu scolaire : « Ça sert à exprimer sa couleur et son individualité. Tout le monde fait la même affaire, les mêmes devoirs… Avec les ateliers, les élèves expriment ce qu’ils intériorisent, ce qu’ils veulent exprimer. C’est une façon de se découvrir, de booster l’estime de soi et la fierté… L’art, ça nourrit l’âme ».

Une équipe de La Fabrique culturelle de Télé-Québec a suivi le processus.
Visionner la capsule vidéo Une envolée de pièces d’origami.


Le programme Passeurs de Rêves est rendu possible grâce à l’appui financier du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Plus de détails

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