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Médiation culturelle

Bercer par la musique Publié le : 15 février 2010

La Société pour les arts en milieu de santé

Michel Lefebvre – Février 2010

Depuis octobre 2009, la Société pour les arts en milieux de santé (SAMS) présente des concerts dans 46 centres d’hébergement et de soins de longue durée de Montréal, contribuant ainsi à briser l’isolement des résidents tout en leur offrant une occasion unique de goûter aux plaisirs de la musique.


Lancement du programme – Photo: Yves Renaud

En mars 2009 était fondée, à Montréal, la Société pour les arts en milieux de santé (SAMS), un organisme de bienfaisance qui souhaite contribuer à la qualité de vie des gens placés dans des centres de soins de santé en leur offrant des concerts d’artistes professionnels.

Malgré son jeune âge, l’organisme démarre en grand dès le mois d’octobre 2009 avec un programme de 555 représentations musicales prévues dans 46 centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de Montréal, à raison d’environ un concert par mois, par établissement, jusqu’en septembre 2010. L’objectif impressionne.

L’organisme s’inspire de la Health Arts Society (HAS) mise sur pied en 2006 par David Lemon en Colombie-Britannique. Durant l’année 2009-2010, HAS offrira plus de 1 000 événements artistiques sur l’ensemble de la province. Il revient à Sylvia L’Écuyer, animatrice-réalisatrice à Radio-Canada (Espace Musique) et résidente de Vancouver, d’avoir initié la mise sur pied d’une organisation semblable au Québec avec le soutien du mélomane et ex-député Daniel Turp, et de Pierre Vachon, Directeur communications-marketing à l’Opéra de Montréal.

Afin d’offrir une variété de prestations musicales, la SAMS a établi des partenariats artistiques avec des organismes tels que l’Opéra de Montréal, l’Orchestre Métropolitain, les Jeunesses Musicales du Canada, etc. Cette année, le programme comprend plus d’une quarantaine d’artistes, solistes et duettistes, proposant de la musique classique, des airs de jazz ou d’opéra et de la musique du monde.

Pour le plaisir de la musique

En offrant des concerts de qualité avec des artistes professionnels, la SAMS veut susciter le plaisir de la musique. Son intention est avant tout d’ordre artistique, mais elle est aussi éminemment sociale car elle s’adresse à une clientèle à qui l’on offre habituellement bien peu pour susciter le bonheur.

«La musique rejoint tout le monde. Ça rappelle des souvenirs, ça calme, ça rend heureux», explique simplement Annie Saumier, directrice générale et artistique de la SAMS. Les commentaires recueillis dans les centres abondent tous dans le même sens. La musique fait parler, elle rappelle des souvenirs même aux plus affectés des résidents.

D’une durée d’environ 45 minutes, les concerts prévoient, en outre, une période où les musiciens expliquent le répertoire proposé ou présentent leur instrument. Cette grande proximité du public avec les artistes favorise l’interaction. Il est possible de poser des questions, de toucher les instruments, ce qui contribue à diversifier le dialogue avec les aînés. Assister à un concert peut ainsi s’avérer une occasion intime et agréable de partage avec des proches.

Qu’ils soient publics ou semi-privés, les CHSLD accueillent entre 150 et 500 résidents, dont une majorité de gens âgés en perte d’autonomie à divers degrés, pour cause de vieillissement, de handicaps physiques ou de problèmes cognitifs. Cette fatalité d’ordre médical transcende les classes sociales, de sorte que des gens de toute provenance y résident indépendamment de leur profil socioculturel, la seule constante étant que chacun d’eux nécessite un minimum de 3,5 heures de soin par jour.

Dans chaque établissement, les concerts de la SAMS sont reçus comme une bouffée d’air et le personnel collabore avec joie à leur succès. Tout d’abord, ils connaissent les résidents et ils aident à identifier les propositions artistiques les plus adéquates. Ensuite, ils favorisent la participation en publicisant l’activité, en prévoyant le déplacement et l’accompagnement des résidents d’un étage à l’autre. En moyenne, une quarantaine de résidents assistent aux concerts qui se tiennent dans la salle de loisirs, la chapelle ou la salle à manger. Les musiciens connaissent les conditions particulières dans lesquelles ils sont appelés à donner un concert. Il importe qu’ils soient aussi des communicateurs sensibilisés à cette clientèle.

Une modèle d’avenir, une société en expansion

Compte tenu de la réception enthousiaste des CHSLD, la SAMS a certainement de l’avenir. Annie Saumier dit recevoir beaucoup de demandes de centres de la périphérie montréalaise afin d’étendre l’expérience à un plus grand territoire. Le financement, établi sur une base régionale, devra suivre pour que l’initiative prenne de l’expansion. Le modèle de la SAMS peut facilement s’exporter et comprendre des chapitres régionaux en Estrie, au Saguenay, en Abitibi, à Québec, etc., où l’on ferait appel aux musiciens professionnels locaux. La SAMS pourrait aussi desservir d’autres types d’institutions telles que les centres jeunesse, les maisons de naissance, les centres de réadaptation, les unités de soins palliatifs et les instituts psychiatriques.

Le budget global pour cette année de programmation s’élève à près de 250 000$. Une bonne part de cet argent aboutit directement en cachets aux artistes car les frais de production sont bas. Les concerts étant pour la plupart acoustiques, ils ne requièrent pas de lourde infrastructure technique. La coordination des spectacles est grandement facilitée par le site Internet de la SAMS, calqué sur le modèle de son parrain de Vancouver, qui donne accès en ligne à toutes les informations logistiques. L’utilisation des salles est gratuite et la promotion ne dépasse pas la porte des établissements. L’accès aux concerts est en effet limité aux seuls résidents des centres, à leurs amis et aux membres de leur famille.

Pour sa première saison artistique, la SAMS estime pouvoir recueillir environ 50% de son budget du secteur privé avec des dons d’entreprises, de fondations et d’individus. Un autre 25% provient du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Les établissements visités contribuent pour leur part à même l’enveloppe allouée à leur région par l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal. Le directeur de cette Agence, David Levine, avait manifesté d’emblée son enthousiasme quand on lui avait présenté le projet au tout début de cette aventure. Outre le soutien de l’Agence, la SAMS lui doit aussi d’avoir facilité l’approche d’un important partenaire privé, TELUS Solutions en santé.

Fort de son bilan honorable et de cette première année de programmation, l’organisme envisage de nouvelles sources de financement, notamment du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, qui offre un programme pluriannuel de Soutien aux initiatives visant le respect des aînés.

La SAMS sème le bonheur et il y a une valeur à ça. Elle touche une corde sensible et le public en redemande.

Liens

Société pour les arts en milieux de santé: samsante.org
Health Arts Society: healtharts.org

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