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Médiation culturelle

Catia Riccaboni et les Nouveaux commanditaires Publié le : 1 octobre 2006

Catia Riccaboni est responsable du programme Culture de la Fondation de France. Les participants au forum La Rencontre, qui s’est tenu à Québec le 15 septembre 2006, ont eu l’occasion de l’écouter raconter «des histoires d’art contemporain» quelques fois rocambolesques, dans des milieux urbains ou ruraux. Nous lui avons demandé de nous expliquer sa vision de la médiation culturelle.


 

Un programme original

Le programme Culture, financé par la Fondation de France depuis 1991, permet à des citoyens confrontés à un problème de société ou de développement d’un territoire de prendre l’initiative d’une commande d’œuvre à des artistes contemporains. Son originalité repose sur une conjonction nouvelle entre trois acteurs : les citoyens commanditaires, le médiateur culturel et l’artiste, rejoints dans la phase de production de l’œuvre par des partenaires publics et privés. En 10 ans d’existence, les Nouveaux commanditaires ont été à l’origine de 150 œuvres dans 19 régions de France, pour la moitié en zones rurales, et dans des contextes extrêmement variés : communes urbaines, suburbaines ou rurales, espaces ou institutions publics (lycées, hôpitaux, prisons), associations, etc.

catia_riccaboniQuelle est votre définition de médiateur culturel?
«C’est une personne résolument engagée dans l’aventure de l’art contemporain et qui travaille à tisser des liens entre les artistes et la société», dit-elle spontanément. Ce médiateur, tel qu’il est défini dans le protocole des Nouveaux commanditaires, agit au nom de l’intérêt général avec des moyens publics et privés. «En partant de la demande portée par des citoyens, il assume un rôle de producteur d’art en nom collectif», ajoute-elle.

Quelles sont les qualités d’un bon médiateur culturel?
«Une main de fer dans un gant de velours…», résume-t-elle en souriant. «Plus sérieusement, pouvoir être à l’écoute, aller sur le terrain et accompagner des personnes qui ont des convictions différentes, dans l’élaboration d’un projet commun.», constate-elle. Posséder une bonne connaissance de la scène de l’art, connaître les critères d’exigence d’une création contemporaine et jouer un rôle actif et identifié dans le monde de l’art contemporain sont aussi des qualités importantes. Enfin, «être indépendant pour agir et être rigoureux; avoir une intelligence politique pour gérer les conflits et accepter de se remettre en question…».

Quelles sont les caractéristiques d’un projet réussi?
Selon elle, c’est d’abord un projet qui a eu le temps de se construire dans la durée. Un projet réussi, «c’est lorsque les citoyens ont été acteurs dans l’élaboration du projet et qu’il y a eu une véritable rencontre et une transmission de savoir entre tous les acteurs, citoyens-commanditaires, médiateur, artiste et partenaires.» Un partage des responsabilités portées par chacun, accompagné du sentiment réel que personne n’a été instrumentalisé, est aussi une caractéristique fondamentale d’un excellent projet. De plus, il est essentiel que le médiateur puisse disparaître lorsque le projet est réalisé car les commanditaires, les citoyens, deviennent à leur tour des médiateurs de l’œuvre auprès d’une communauté plus large.

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