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Médiation culturelle

Contamination à Laval : une collection d’art revue et modifiée Publié le : 1 octobre 2008

Michel Lefebvre – Octobre 2008

Après plusieurs tentatives d’infiltration en entreprise, l’artiste Patricia Gauvin convainc la Ville de Laval de promouvoir sa collection d’art par des ateliers de création


La Ville de Laval dispose d’une collection d’œuvres d’art constituée au fil des événements culturels et du développement fulgurant de cette importante ville voisine de Montréal depuis 30 ans. La Ville compterait plus de 350 de ces «artefacts» répartis sur le territoire «dans une volonté de rendre l’art vivant et accessible à tous», selon les mots mêmes de Gilles Vaillancourt (maire de Laval depuis juin 1989) publiés en 2002 dans le catalogue L’art dans la ville, histoire d’une collection. Or, la Ville a pour mandat de favoriser la diffusion de cette collection et de la promouvoir. Quand l’artiste Patricia Gauvin a proposé au Bureau des arts et de la culture de Laval d’organiser des ateliers d’art inspirés de la collection, l’affaire a soulevé un intérêt certain, d’autant plus que l’artiste avait préalablement validé son idée auprès d’artistes lavallois directement interpellés par son projet, Thomas Corriveau et Marcel St-Pierre, et qui en ont encouragé la réalisation.

Maintenant, voyons un peu la mécanique de l’aventure. L’artiste propose que les employé(e)s de la Ville soient invités à prendre une photographie de leur milieu de travail. Ensuite, les mêmes personnes devront envoyer cette photo en format numérique, sous un nom d’avatar, donc anonymement, à un site internet conçu par l’artiste, puis choisir une œuvre «coup de cœur» parmi une sélection d’œuvres d’art de la Ville de Laval. Lors des ateliers d’art, avec de la gouache et des pinceaux, elles devront s’inspirer de l’œuvre choisie pour transformer l’une des photographies, imprimées sur papier en noir et blanc, en s’imprégnant des techniques, de la forme, de l’esthétique, du lien ou de la texture de l’œuvre originale.

Rien de plus simple, dites-vous? La réalisation du projet a pris près d’un an, depuis la proposition initiale par l’artiste jusqu’au vernissage de l’exposition à la Maison des arts de Laval lors des Journées de la culture en septembre 2008. Au-delà du processus administratif d’acceptation, il fallait obtenir la permission d’artistes de la collection lavalloise – une quarantaine ont accepté – photographier leur œuvre et de la rendre accessible par le site internet ludique mis en place par Patricia Gauvin.

«Laissez-vous contaminer par l’art!»

Ensuite venait le recrutement des participants. La Ville a fait circuler largement, parmi son personnel et celui d’organismes lavallois, un carton invitant à se laisser «contaminer par l’art». On y annonçait des rencontres d’information ainsi que des ateliers d’art autour d’un projet collaboratif de mise en valeur de la collection d’œuvres d’arts de Laval. Quand l’artiste parle de contamination, elle évoque ce processus d’entraînement qui fait qu’une personne qui participe au projet en entraîne une autre, une étape essentielle de l’approche collaborative. En mai 2008, à peine 5 personnes se sont déplacées pour une première rencontre d’information, mais il en est venu de plus en plus au fur et à mesure que le projet avançait, que les gens envoyaient leur photographie sur le site internet, sélectionnaient une œuvre d’art et témoignaient de leur expérience dans leur entourage. Au terme des 6 ateliers de 2 heures tenus avant les Journées de la culture, près de 50 personnes ont créé plus de 75 nouvelles œuvres sur papier dont une sélection était exposée à la Maison des arts, du 27 septembre au 2 novembre 2008.

Pour Patricia Gauvin, cette exposition marquait l’aboutissement d’une longue démarche amorcée quelques années plus tôt lors d’un projet d’étude sur le contexte de réception de l’œuvre d’art hors du cadre institutionnel. Au départ, elle ciblait de grosses entreprises pour initier un projet collaboratif, un projet de cocréation avec les employé(e)s. «Souvent je me suis sentie comme Don Quichotte», confie l’artiste, enchantée aujourd’hui du succès de son opération à Laval et de la collaboration enthousiaste de Christiane Brault, régisseure pour le Bureau des arts et de la culture de Laval et responsable de ce projet d’art au travail. Pour Mme Brault, «il est important d’accueillir les projets, les idées que les artistes peuvent nous apporter. Et c’est le travail d’une municipalité de sensibiliser les citoyens à l’art qui les entoure.»

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