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Médiation culturelle

Donald Vézina, médiateur culturel Publié le : 1 octobre 2007

Richard Nicol – Octobre 2007

Coordonnateur de l’Association du patrimoine de Deschambault, l’un des instigateurs de la Biennale internationale du lin de Portneuf, chargé de projet pour la politique culturelle de Deschambault-Grondines, concepteur, designer, commissaire, Donald Vézina ne perd pas son temps. Déjà, ses seuls engagements volontaires mobiliseraient à temps plein le commun des mortels. Il navigue étrangement entre le patrimoine et les arts contemporains.


Partenaire actif des Journées de la culture

Il était doublement actif cette année aux Journées de la culture. Il collaborait au projet Art au travail avec l’artiste Tristan Fortin LeBreton, à l’Aluminerie Alcoa de Deschambault et participait également à l’accueil et aux visites commentées des expositions de la Biennale, des œuvres d’artistes qui ont suscité des échos entre le lin, son histoire et sa culture à l’église Saint-Joseph, au Vieux Presbytère et au Moulin de la Chevrotière.

Conception de la médiation culturelle

«La médiation culturelle consiste en une panoplie d’actions par lesquelles on tente de rapprocher les créateurs du public, de tisser des liens entre eux et de faire grandir l’intérêt pour la culture et les arts». La création et les créateurs ne sont, d’après lui, ni l’un ni l’autre vraiment inquiétants. Pourtant, bien des gens en ont peur. Ils ont peur d’être incompétents, ils ont peur d’être ridicules, ils ont peur d’être jugés par ceux qui s’y connaissent. Résultat: ils jugent parfois sévèrement les créateurs et leurs démarches quand ils n’éliminent pas carrément cet univers de leur vie. «Dommage, parce que bien des gens se privent de plaisirs certains et même de moments de pur bonheur. Je crois donc que la médiation est toujours d’actualité, qu’elle doit faire l’objet d’efforts soutenus et qu’elle doit cibler le plus grand nombre en accordant une attention particulière aux jeunes générations… pour faire vivre l’espoir!» poursuit-il.

Un projet représentatif

montage_tricot-busL’an dernier, Donald Vézina agissait comme opérateur du projet Tricot-bus conçu par l’artiste d’origine brésilienne Giorgia Volpe dans le cadre de l’événement Les convertibles. Pour lui, ce projet est vraiment représentatif d’un processus de médiation culturelle réussi. Dirigeant la seule organisation qui tente de trouver une place à l’art contemporain dans sa région immédiate, il raconte comment l’artiste, Giorgia Volpe, a sillonné les 19 municipalités pour créer des liens et associer plus de 500 personnes à sa création collective. «Ce que l’on est en train de tricoter est beaucoup plus large que le projet du bus : on tricote de la laine, on tricote du tissu social, mais surtout, on tricote une place pour l’art contemporain dans une région rurale». Il tient à souligner la perspicacité dont l’artiste a fait preuve envers les gens tout au long de son projet. «Les gens qui ont vu le film ont beaucoup aimé les témoignages, certains ont été touchés aux larmes», a-t-il commenté.

«C’était la première fois que je coordonnais un projet artistique qui avait comme objectif premier d’aller à la rencontre de la communauté portneuvoise au lieu d’essayer de l’amener à venir visiter une exposition ou à voir un spectacle», confie-t-il. Il lui a fallu développer de nouvelles stratégies pour convaincre des décideurs, des gens d’affaires et la population d’appuyer l’artiste dans son périple. L’entreprise en était une de séduction bien entendu, mais encore fallait-il faire preuve de beaucoup de détermination pour convaincre des gens d’intérêts très variés de la nécessité de s’attacher à la vie culturelle pour assurer un développement équilibré et un tant soit peu durable de la région.

Cette expérience a quelque peu changé sa perception du rôle de gestionnaire de centres d’interprétation et d’exposition. «Je ne conçois plus et je ne présente plus les expositions de la même manière, de nouvelles préoccupations entrent en ligne de compte: Comment susciter l’intérêt et la participation du public? Comment parler des œuvres pour que les visiteurs comprennent, qu’ils soient touchés et qu’ils se sentent intelligents?»

Les contextes et les attitudes favorables

«Je crois que les médiateurs doivent faire œuvre de vulgarisation», affirme Donald Vézina. Il est bien conscient que la vulgarisation comporte des risques quand on parle d’art et de culture: «Il ne faut pas tomber dans la banalisation de la création ni dans le mépris des individus en s’imaginant qu’il faut adapter la création à ce qu’ils sont capables de prendre», dit-il. Il faut faire confiance à la sensibilité et à l’intelligence des gens sinon on tombe rapidement dans le populisme.

Selon lui, la médiation repose sur une foi presque inébranlable en la capacité qu’ont les gens de s’intéresser à l’autre, à ce qu’il fait et à ce qu’il vit. Les défis demeurent cependant importants dépendamment des groupes ciblés. Il pense notamment aux jeunes et aux clientèles scolaires. «Il me semble, à ce chapitre, que la médiation culturelle et artistique devrait faire partie intégrante de tout projet éducatif», propose-t-il. Car, pour Donald Vézina, la fréquentation de la culture a des répercussions positives en matière de construction de l’identité individuelle et collective. Mais aussi, «en matière de structuration de la pensée et de développement des capacités d’adaptation qui nécessitent toujours de l’imagination», dit-il en conclusion.

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