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Hisser haut ! Publié le : 15 octobre 2009

Michel Lefebvre – Octobre 2009

Une évocation lyrique et conceptuelle du fleuve Saint-Laurent

Dans le cadre de l’édition 2009 des Journées de la culture, des centaines de petites voiles ont surplombé la rue du Cul-de-Sac à Québec, chacune arborant une pensée, un message, un souvenir relié au fleuve Saint-Laurent.


01_hisserhautDans le décor bucolique et historique de la rue du Cul-de-Sac à Québec, lors des Journées de la culture 2009 (25 au 27 septembre), les artistes Mathieu Gotti et Isabelle Veilleux ont réalisé le projet Hisser haut !, une installation participative appuyée activement par les artisans de la coopérative Vert Tuyau* et soutenue par la Coopérative de solidarité du Quartier Petit-Champlain.

Tous deux membres de Vert Tuyau, les artistes ont organisé la suspension au-dessus de la rue, à 6 m (20 pi) du sol, de 500 petites voiles blanches de 12 x 23 cm (5 x 9 po), chacune arborant un message ou un souvenir que leur ont écrit des visiteurs du Quartier Petit Champlain en pensant au fleuve Saint-Laurent.

Le projet est étroitement lié à l’histoire du quartier et de la rue du Cul-de-Sac, qui était autrefois le havre Cul-de-Sac, une anse naturelle formée par le fleuve Saint-Laurent. La longue histoire maritime du quartier a favorisé tout autant son développement que son déclin avec le déplacement du port commercial et l’élargissement du boulevard Champlain qui allait permettre de contourner le cap au sommet duquel trône le château Frontenac.

Hisser haut! résulte d’un appel lancé par la coop du Quartier Petit Champlain afin d’identifier une activité propice aux Journées de la culture. Mathieu Gotti et Isabelle Veilleux ont proposé un croquis qui a tout de suite séduit les partenaires. Le projet offrait une occasion de dialoguer avec le public, d’évoquer le caractère maritime du lieu et de mettre en valeur le charme de la rue du Cul-de-Sac, l’une des plus photographiées de la ville.

La coop du Quartier Petit Champlain a financé le projet, avec le soutien de la Caisse populaire Desjardins de Québec, ce qui a permis d’assumer les coûts de l’ingénieux dispositif de câbles permettant la suspension des voiles au-dessus de la rue. Mathieu Gotti a eu l’idée d’utiliser la présence permanente de cinq câbles aériens qui servent habituellement à l’accrochage de banderoles commerciales, dans le temps des Fêtes ou lors d’autres événements. Avec l’aide d’amis et de membres de la coop, les artistes ont arrimé à cette structure près de 300 mètres (1 000 pi) de fil de fer sur lequel ils ont fixé, à des intervalles de 50 cm (2 pi), un fil et un mousqueton permettant de suspendre 500 petites voiles de 12 x 23 cm (5 x 9 po) découpées dans du tissu à voile. Il n’y manquait plus que les messages.

Le quartier Petit Champlain compte une foule régulière de passants, des gens de Québec, bien sûr, ainsi qu’un important flot de touristes, européens, américains ou asiatiques, etc. Lors des Journées de la culture, installés à une table sur la rue, Isabelle Veilleux et Mathieu Gotti ont accueilli les gens et expliqué le projet afin qu’ils inscrivent un message personnel, une évocation du fleuve sous forme de témoignage, sur l’une des 500 voiles prévues. «Les gens avaient parfois l’impression d’écrire au fleuve, relate Isabelle Veilleux, mais souvent aussi ils se contentaient d’exprimer un message oralement, une anecdote, un souvenir.» Quelques voiles blanches disséminées dans l’installation évoquent ces paroles disparues.

En fin d’après-midi, on hissait haut les voiles, une à une au-dessus de la rue, à 6 m (20 pi) du sol. L’effet d’ensemble, tel un mobile flottant, rappelait la marée haute, et le vent, faisant valser les voiles, créait un agréable cliquetis. En soirée, le vendredi et le samedi, une projection lumineuse sur cette installation poétique donnait vie à l’œuvre en créant un mouvement coloré, une lumière sur l’eau.

Coconcepteur de l’événement avec Isabelle Veilleux, Mathieu Gotti a passé une partie de sa vie sur un bateau à naviguer sur la Méditerranée. La culture maritime, il connaît. Après des études en arts visuels et en design d’environnement, en France, il migre à Québec en 2005 et entreprend des études à l’École des métiers d’art qui offre un programme axé sur la pratique, une donnée importante quand on oriente son travail dans une démarche de création in situ. Pour sa part, Isabelle Veilleux, diplômée de la même école, a été formée en construction textile. Ensemble, ils sont très actifs dans leur milieu, notamment au sein de la coop Vert Tuyau, du collectif à GOGO, du Groupe Artistique Portneuvois, de Folie/Culture, etc.

Et que feront-ils de ces messages maintenant que l’installation n’est plus? Le mystère demeure. Alors que Mathieu Gotti démontait l’installation, un passant lui a demandé gentiment s’il pouvait conserver l’un des messages. Il a refusé. «C’est l’intelligence collective des gens qui a permis la réalisation du projet. Cette collection, il faut la conserver.» Compte tenu de la pratique multidisciplinaire de ces deux artistes, ils en feront bien quelque chose un jour…

Un milieu coopératif

L’ancrage artistique et fortement coopératif du quartier a certainement favorisé la tenue de l’événement.

Fondée en 1985, la Coopérative de solidarité du Quartier Petit Champlain regroupe aujourd’hui 40 membres et représente 50 commerces. Elle a été fondée dans le but d’améliorer et de promouvoir le quartier comme produit touristique et commercial tout en préservant son authenticité artistique.

* Fondée en juin 2008, la Coopérative des artisans en métiers d’art Vert Tuyau a fermé ses portes en janvier 2014

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