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Médiation culturelle

Jeunesse: Les Fridolinades Publié le : 15 octobre 2008

Soufïa Bensaïd – Octobre 2008

L’École Dollard-des-Ormeaux et la Maison de la culture Marie-Uguay, dans le Sud-Ouest de Montréal, ont proposé une aventure théâtrale qui a transformé une année scolaire du primaire.


C’est l’histoire d’une école, d’une maison de la culture et d’un projet de médiation culturelle aux retombées éclatantes. Ça se passe dans l’arrondissement Sud-Ouest de Montréal. Au tout début, ils voulaient injecter un goût de l’art aux enfants. «Ils» ce sont des enseignants de l’école et l’équipe de la maison de la culture.

Tout a commencé en 2007 avec la préparation des représentations de fin d’année des élèves de l’école Dollard-des-Ormeaux. Un rendez-vous annuel, qui a lieu en mai, à la maison de la culture Marie-Uguay. Malgré leur motivation, plusieurs des enseignants s’accordaient sur un besoin de plus en plus pressant: promulguer aux élèves davantage d’encadrement professionnel dans leurs projets de fin d’année.

C’est là où entre en jeu l’équipe de la maison de la culture Marie-Uguay. Les défis sont de taille. Comment inscrire la fréquentation de la maison de la culture dans la vie des citoyens lorsque le territoire de l’arrondissement est morcelé par un chemin de fer, un cours d’eau et des autoroutes? Certes, la mission première de l’équipe est de rapprocher les arts et la culture de la vie des citoyens de l’arrondissement. Un travail de longue haleine qui porte ses fruits lorsque le citoyen apprend suffisamment jeune à fréquenter sa maison de la culture, attirant dès lors dans son sillon sa famille et ses amis. D’une rencontre à une autre, l’idée d’un nouveau projet de médiation culturelle émerge des discussions de Martin Philippe Côté, agent culturel de la maison de la culture, avec les responsables de l’école Dollard-des-Ormeaux. Sa réalisation est possible grâce au Programme de médiation culturelle de la Ville de Montréal pour les arrondissements montréalais.

Le projet séduit les responsables de l’école, particulièrement Johanne Pelletier, professeure titulaire de la 4e année du primaire. L’occasion est bonne pour étudier une pièce du répertoire classique du Québec et par là-même la culture et l’histoire de la province. Un choix avisé est porté sur Les Fridolinades de Gratien Gélinas. Claire Jacques, formatrice du Dynamic Theater Factory, en fait une adaptation de 50 minutes. C’est elle qui est chargée de former les élèves et de les mettre en scène. Des ateliers de deux heures par semaine sont offerts, de janvier à mai, jusqu’aux représentations finales.

Les enfants ont 9 ans. Leur motivation est vulnérable. Les débuts sont difficiles; moins du tiers des parents se mobilisent à la réunion d’information du projet. Heureusement que le maître d’œuvre, l’agent culturel de la maison de la culture Marie-Uguay, est décidé et que la formatrice est douée et tenace. Les objectifs initiaux sont clairs. Il s’agit principalement de susciter l’intérêt des jeunes à la culture et de leur apprendre à travailler en équipe grâce à un encadrement professionnel.

Ce qui fait la particularité de ce projet, c’est que cinq mois de labeur plus tard, les résultats sont fulgurants. Ils dépassent les attentes. Les élèves gagnent considérablement en aisance dans leur élocution et dans la lecture. La motivation de certains dans les études est éveillée grâce à leur engagement dans la pièce. Plusieurs apprennent à projeter une présence sur la scène. Une solidarité nouvelle émerge dans la classe et des talents sont révélés. L’enthousiasme est général. En mai 2008, suite à la première représentation de fin d’année à la maison de la culture – parce qu’il y en a eu quatre, pour les parents, les amis et tous les publics – Claire Jacques, la formatrice, confie «C’était très émouvant. Il y a tellement d’intervenants qui sont impliqués dans un projet comme ça. C’est un peu le principe de la mosaïque qui prend forme avec les différentes couleurs de vitraux, les différentes textures. Et tout ça, fait que ça fonctionne… J’espère que ça va leur donner une fierté du travail bien accompli.»

Les réunions de bilan de fin d’année, ainsi que les témoignages des parents et des élèves, ont permis de jauger les résultats de ce projet de médiation culturelle. Tous s’accordent pour dire que les bénéfices de cette expérience se situaient autant au niveau éducatif, scolaire que personnel. Les objectifs sont largement atteints. «Des projets comme ça donnent un sens à mon travail, témoigne Martin Philippe Côté. Ça donne des résultats tangibles et quantifiables».

L’enthousiasme suscité par cette première expérience a permis de renouveler l’engagement de l’école Dollard-des-Ormeaux pour un autre projet de médiation culturelle. Les Fridolinades II. Une adaptation d’autres sketches sera montée en 2009 avec un nouveau groupe d’élèves, des enfants de la 5e année. «Le programme est bonifié d’un volet création: les jeunes seront invités à participer à l’écriture de sketches, précise Danièle Renaud, coordonnatrice du projet. En s’inspirant de faits d’actualité, ils proposeront à leur tour leur vision de la société à la manière de Gratien Gélinas dans ses célèbres Fridolinades».

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