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Médiation culturelle

La vie en bleu… mur à mur! Publié le : 15 octobre 2007

Richard Nicol – Octobre 2007

«Gaz Métro souhaitait souligner son cinquantenaire d’une façon particulière et originale, mettant l’accent sur l’engagement envers la communauté, la collaboration avec le milieu ainsi que l’amélioration de la qualité de vie des résidents du quartier où se situe le siège social», souligne Julie Garneau, conseillère principale, Affaires publiques et gouvernementales.


Mission accomplie!

La conception d’une murale le long de la rue du Havre à Montréal traduit bien la vision du développement durable de l’entreprise. «En plus d’embellir ce secteur, sa réalisation a offert l’opportunité à des jeunes de canaliser leur talent d’artiste dans le cadre d’un projet structuré et rémunéré, qui pourrait s’avérer être la première étape vers une carrière dans le domaine», ajoute Mme Garneau.

Un artiste-superviseur atypique

Luc Dalpé, un artiste-peintre bien connu pour ce type d’œuvre, a encadré la collaboration de quatre jeunes graffiteurs actifs au sein de l’organisme Y’a quelqu’un l’aut’bord du mur. Cette organisation a pour but d’aider des jeunes graffiteurs à mettre leur talent à profit en réalisant des murales urbaines sous la supervision d’un coach. Les jeunes développent ainsi leurs habiletés et apprennent à évoluer dans le cadre d’un travail rémunéré, supervisé et avec des échéances.

Luc Dalpé a réalisé, pour des entreprises et des commerces, de nombreuses murales qui se trouvent aux quatre coins de Montréal. Il est également le fondateur du Café-Graffiti, premier organisme à s’être donné un rôle de réinsertion auprès des jeunes graffiteurs. On doit en bonne partie à Dalpay (Luc Dalpé) la vogue des murales dites «civilisées» dans Hochelaga-Maisonneuve. Ainsi, en novembre 1998, le maire de Montréal, Pierre Bourque, honorait son travail en permettant l’organisation d’une exposition photographique, à l’hôtel de ville, de 16 murales sous le titre «Il y a d’autres moyens de faire sa marque».

L’aîné conseiller

«Je suis un mercenaire, on me trouve un peu cowboy», confie Luc Dalpé. Pourquoi pas médiateur? Il est surpris. Il s’interroge. Cette notion est nouvelle pour lui. Il «s’est construit lui-même». «La reconnaissance de l’UQAM m’a lancé comme une fusée!», déclare-t-il. Luc Dalpé aime aider les jeunes à développer leur estime de soi. À titre de coach, il a même collaboré avec leurs parents parce qu’il veut les aider à se donner un avenir. L’un de ses assistants a d’ailleurs peint une victoire de Cassius Clay pour afficher sa fierté et son ambition dans la vie.

«J’ai expliqué aux jeunes que si l’art n’était qu’une cannette, il valait bien arrêter…» dit-il «Ce n’est pas simple ni facile. Je n’avais que dix rencontres avec eux. Je devais donc faire vite», poursuit-il. Voilà pourquoi, il intervient, il discute avec les jeunes pendant qu’ils travaillent, en attendant que la peinture sèche. Luc Dalpé en est convaincu: «Si le jeune peint avec amour, le public sera touché».

Une population aux aguets

«Les gens du quartier, jeunes et vieux, policiers et fonctionnaires, nous ont encouragé tout au long du processus», déclare Luc Dalpé. Ce dernier est maintenant connu et reconnu partout où il passe. Les badauds n’hésitaient pas à questionner les artistes et à formuler leur avis.

Quant à elle, l’entreprise d’économie sociale Y’a quelqu’un l’aut’bord du mur offre des services d’enlèvement de graffiti, mission qu’il ne faut pas oublier. Les citoyens et les commerçants sont invités à faire appel à ses services en tout temps. L’entreprise a pu acquérir une nouvelle machine plus performante qui permettra d’opérer sur une plus longue période annuelle car elle fonctionne à l’eau chaude et sera fixe dans un camion.

D’autre part, «nous allons offrir cet automne des ateliers de sensibilisation dans le écoles», rappelle Marie-Josée Vallée, chargée de projet. Les participants au projet qui sont en parcours socioprofessionnel réalisent bien leur plan d’action et les objectifs qu’ils se fixent avec leur conseillère. «Le nombre de contrats est en augmentation; ce qui signifie pour nous, une communauté qui se mobilise face au phénomène qu’est le graffiti illégal», conclut-elle. Rappelons qu’il existe des murs dédiés au graffiti dont un est localisé sur la rue De Rouen.

L’incidence sur la carrière des jeunes

La murale sera officiellement inaugurée au mois de novembre. «Nous espérons que cette réalisation encouragera d’autres entreprises à tenter l’aventure», souhaite Mme Garneau. Quant à Luc Dalpé, qui a relevé le défi une autre fois, il est vraiment satisfait de l’ouverture et de collaboration de Gaz Métro: «cette contribution privée à un processus d’insertion de jeunes et à l’ajout d’une œuvre au réseau de murales constituent une expérience qui peut servir de modèle». Surtout auprès des jeunes qui cherchent une voie artistique. «Nos jeunes possèdent une belle sensibilité et nous essayons de leur donner le goût de continuer dans le domaine des arts», mentionne Marie-Pierre Michaud de Y’a quelqu’un l’aut’bord du mur. Avec raison, sans doute, puisque l’un des jeunes artistes de la murale de Gaz Métro a cessé de faire des graffitis illégaux.

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