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Médiation culturelle

Le fil de l’histoire Publié le : 26 août 2008

Août 2008

Le chorégraphe Harold Rhéaume et sa compagnie Le fils d’Adrien danse ont présenté cet été un hommage à Québec avec Le fil de l’Histoire, une procession de danse contemporaine se déplaçant dans les quartiers historiques de la ville.


adrien1Le chorégraphe Harold Rhéaume et sa compagnie Le fils d’Adrien danse ont récemment convié les gens à célébrer le 400e de Québec de façon singulière et très personnelle. Pour rendre hommage à la ville qui l’a vu naître et dans laquelle il a choisi d’exercer son métier aujourd’hui, il a créé Le fil de l’Histoire, une procession de danse contemporaine qui se déplace dans les quartiers historiques de la ville.

Quatorze danseurs vêtus de rouge écarlate tiennent à bout de bras un immense câble rouge qu’ils déposent ensuite devant une foule nombreuse au centre de la cour du Vieux-Séminaire. Dès les premières minutes du spectacle, on sent le public saisi par les gestes solennels et énergiques des danseurs. Après la prestation, le fameux fil de l’Histoire est offert aux personnes du public puis le cortège emprunte la rue De Buade où les interprètes dansent sur le muret qui longe la Basilique Notre-Dame, dans les escaliers devant le magnifique édifice de la poste pour ensuite occuper les trottoirs de la Côte de la Montagne.

À la tête du fil, le chorégraphe tire de toutes ses forces ce mouvement de foule qui l’impressionne et l’émeut à la fois. C’est saisissant, la ville semble arrêtée sous les pas des marcheurs et des danseurs du fil de l’Histoire. Les passants regardent avec étonnement, certains se greffent au groupe. Les spectateurs sont toujours soudés au câble et discutent entre eux ou avec les danseurs qui sont tout sourire. Le parcours chorégraphique se termine dans la cour intérieure du Musée de la civilisation où la foule s’assemble une dernière fois pour assister à l’aventure proposée dans un lieu contemporain et historique à la fois.

adrien2Harold Rhéaume se dit agréablement surpris de la réponse des spectateurs, qui, à chacune des représentations, s’empressent de saisir le câble de façon très naturelle, comme si ce fil allait faciliter la rencontre de l’Autre, une rencontre nouvelle avec la danse.

Dans le programme du spectacle, on parle de la symbolique du fil rouge comme du sang qui circule dans les artères, comme le mouvement que créent les danseurs avec la procession, comme la vie qui anime Québec. Une corde tressée, comme on nous le rappelle encore, tissée serrée comme les humains qui ont érigé la cité, belle et ouverte sur le monde, que l’on connaît aujourd’hui. Le fils d’Adrien n’échappe aucun détail en ce qui concerne la compréhension du public envers son œuvre. Le programme le confirme de belle façon.

«Ce spectacle, dit-il, est une inspiration des processions de la Fête-Dieu qu’ont connu nos aïeuls, un souvenir lointain d’enfance et même une ode aux grands artistes d’ici qui ont représenté des foules animées au cœur des rues du Vieux-Québec, tels Jean-Paul Lemieux et Gilles Carle.» Sa procession à lui n’est pas religieuse, mais pleine d’humanité et bien représentative du dynamisme qui secoue présentement le monde de la danse contemporaine à Québec.

Ce projet est né d’une volonté d’aller à la rencontre du spectateur-citoyen, de lui présenter la danse contemporaine hors des murs de la «boîte noire», des studios de création et de lui faire apprécier cette discipline souvent méconnue. Le chorégraphe s’intéresse depuis longtemps à l’utilisation de l’espace et du mobilier urbain comme source de création. La ville et ses reliefs imposent des défis stimulants à relever. Il y a les sols sur lesquels il est difficile de danser, il y a aussi le fait de rivaliser avec tous les stimuli urbains (circulation, foule, couleurs, lumière changeante…) Toutefois, l’équipe a travaillé avec son leitmotiv de départ: s’inspirer des pierres, du béton, des marches et des trottoirs qui ont vu passer des centaines d’années d’histoire…

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Après deux ans de travail intense, Le fils d’Adrien se dit heureux d’avoir créé un rassemblement festif, mais surtout significatif. En plus de faire découvrir ou redécouvrir la ville par la voie de l’art, le spectacle a permis une rencontre réelle entre les artistes et les citoyens. Chacun nous a dit avoir apprécié le contact de l’autre.

Les échanges étaient parfois brefs, mais ils ont apporté le goût de se connaître davantage.

Ils ont été plusieurs milliers à fouler les chemins du fil de l’Histoire. Le succès d’assistance et les commentaires émouvants des participants de tous les âges (il faut le mentionner) font dire à Harold Rhéaume qu’une fois de plus, la danse contemporaine s’avère être accessible et rassembleuse dans le rythme effréné de nos vies.

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lefilsdadrien.ca

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