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Médiation culturelle

L’université autrement – Une autre manière de changer le monde Publié le : 7 avril 2008

Crédit : Élisabeth Hunt

Soufïa Bensaïd – 7 avril 2008

Donner son opinion dans un endroit public, c’est la formule d’une université pas comme les autres. L’université autrement : dans les cafés propose aux étudiants-autrement une autre manière d’apprendre : participer spontanément à des conversations publiques dans des cafés.

«Ces rencontres, tout le monde peut y participer. Elles nous apprennent à nous engager avec les autres, à parler et à écouter d’autres opinions», explique Elizabeth Hunt, fougueuse coordonnatrice des activités de L’université autrement. «Elles nous apprennent aussi à démystifier l’idée qu’il faut être un expert pour donner son avis sur un sujet qui nous intéresse.»

Ce concept, répandu aujourd’hui dans des cafés de Vancouver, a germé à Montréal en 2003 à l’université Concordia grâce à l’implication acharné d’Eric Abitbol. C’est lui qui est à l’origine de la méthodologie employée et qui a bâti la réputation de ces conversations. La formule est simple : un enjeu de société important, un animateur chevronné, un ou deux invités spéciaux qui transmettent un vécu, un savoir théorique ou pratique, une ambiance conviviale et du monde dans le café. Tous ceux qui sont présents peuvent réagir et embarquer dans la conversation.

«Je suis ressorti de cette rencontre mieux informé», a confié Patric Hani, un participant à une conversation publique sur ce qu’on mange dans notre assiette. «J’ai modifié ma façon de consommer depuis; j’achète de plus en plus responsable. Lorsque les profanes me confrontent par rapport à ça, je suis plus en mesure de leur expliquer les vrais enjeux; je suis plus convainquant.»

Transformer la société, à quel point?

afficheLorsque l’institut de développement communautaire de l’université Concordia a initié L’université autrement : dans les cafés, le but était de créer des espaces collectifs qui permettent aux citoyens de s’instruire et de participer spontanément à la dynamique sociale. Ces échanges sont en fait perçus comme faisant partie du processus de transformation sociale de la collectivité.

Dans une société où les gens proviennent de divers horizons, bardés de bagages culturels différents, cette nouvelle université a choisi de s’inspirer de l’éducation populaire qui se transmet par la parole. «L’idée est de donner l’opportunité aux gens de discuter ensemble et voir quelles sortes de visions et de perspectives sont émises des uns et des autres», explique la coordonnatrice de ces rencontres.

À l’image des cafés d’antan où les membres d’un groupe se réunissent pour refaire le monde, L’université autrement propose aux Montréalais de poursuivre leur apprentissage, d’explorer leur engagement en tant que citoyen voire d’approfondir leur réflexion critique vis à vis de leurs choix sociaux.

Quand elle voit certains participants revenir à d’autres conversations publiques, juste pour le plaisir de converser, Elizabeth Hunt redouble de vigueur. «L’avantage de cette formule est qu’elle passe par ce moyen commun de communication informel: discuter. Chacun de nous apprend à discuter, avec les proches, les voisins, les collègues et même les inconnus. Et, souvent, ce sont des discussions informelles qui – étonnamment – nous renseignent, nous confrontent et nous amènent parfois à comprendre la différence.»

Y a-t-il un effet de vagues engendré par ces conversations? «Ce qui est intéressant à la fin d’une discussion, révèle Alex Megelas, organisateur communautaire et animateur fidèle des conversations, c’est de voir les participants rester sur leur faim et continuer à en discuter entre eux.»

«L’envers de la médaille, ajoute Mme Hunt, est que nous ne pouvons mesurer l’impact de ces conversations dans la vie de la collectivité et les gestes que posent les gens par la suite. En revanche, on peut dire que c’est dans cet espace non quantifiable de réflexion individuelle et collective que commence à se développer la responsabilisation du citoyen et son engagement dans la communauté.»

En mai 2008, à l’occasion du 5e anniversaire de L’université autrement : dans les cafés, une rencontre spéciale sur le thème des conversations est proposée. Les participants sont justement invités à explorer l’influence qu’ont les conversations sur leur identité et sur leur sentiment d’appartenance à la communauté.

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