Culture pour tous Calendrier des évènements
Suivez-nous
  • Suivez-nous sur LinkedIn

English Version

Médiation culturelle

Sentier Art3 – Un musée d’art vivant à Mirabel Publié le : 15 mars 2009

Michel Lefebvre – Mars 2009

À l’été 2008 avait lieu à Mirabel la première édition internationale de Sentier Art3, un événement artistique consacré à la sculpture in situ au parc régional du bois de Belle-Rivière.


Du 1er au 17 août 2008 avait lieu à Mirabel la première édition internationale de Sentier Art3, un événement culturel consacré à la sculpture au parc régional du bois de Belle-Rivière, un grand boisé ceinturé de territoires agricoles visité annuellement par près de 60 000 personnes pour des activités de plein air et de divertissement familial.

Sentier Art3 prévoit l’accueil d’artistes internationaux pour la réalisation d’œuvres en forêt et vise à doter la région de Mirabel d’un patrimoine artistique.

Outre Suzanne Ferland L., artiste, coordonnatrice et initiatrice du projet, la première édition recevait Ingrid Koivukangas (Colombie-Britannique), Steven Siegel (États-Unis) et Nicole Vincent (Québec).

L’événement porte bien son nom et ne manque pas de vision. Il réfère aux sentiers qui sillonnent le parc, et le terme Art3 – ou art au cube – intègre les notions de volume et de l’art dans l’espace. L’objectif affirmé vise la réalisation de trois ou quatre œuvres in situ par année pendant les dix prochaines années, enrichissant ainsi le parc d’un patrimoine artistique collectif et vivant qui va marquer le paysage. Au fil des ans et de l’accroissement du nombre d’interventions sculpturales, le public assistera à la transformation progressive des œuvres.

De l’éphémère à la pérennité

En 2007, Suzanne Ferland L. réalisait une première expérience dans ce parc avec son propre projet, Semper, un terme qui signifie «toujours», en latin. L’artiste rêvait de pérennité. «Je voulais proposer des œuvres permanentes, mais personne ne voulait en prendre la responsabilité!» Elle fait ici référence aux contraintes liées à l’entretien de sculptures extérieures pour une période indéfinie. Entre l’œuvre éphémère et l’œuvre permanente, la solution résidera finalement dans l’œuvre qui se transforme à long terme, une caractéristique rarement proposée de façon aussi affirmée pour une manifestation artistique.

Les artistes invités ont donc dû proposer une œuvre faite de matériaux naturels qui durera au moins 10 ans et que la nature pourra modeler au fil des saisons et des intempéries. Les premières œuvres réalisées en 2008 pourraient toutefois durer bien au-delà, selon l’avis des artistes; cinquante ans, peut-être, pour l’œuvre d’Ingrid Koivukangas (Canada), près de trente pour celle de Steven Siegel (États-Unis). On peut aussi imaginer que Sentier Art3 soit une initiative qui dure plus longtemps que la période prescrite…

Le Musée d’art contemporain des Laurentides figure comme un important partenaire de Sentier Art3. Il sert de véhicule administratif pour la collecte de fonds et contribue à la pérennité du projet en acceptant d’assumer pour les années à venir la documentation photographique des œuvres au gré de leur évolution. De premières photos ont été prises en août 2008, un premier tirage ayant été remis à l’artiste, l’autre au Musée. Au fil des ans, le Musée photographiera de nouveau les œuvres, les nouvelles comme les précédentes, et ces images enrichiront son Fonds d’œuvres d’art.

Des années d’engagement dans sa communauté

C’est à titre bénévole que Suzanne Ferland L. a mis sur pied le projet. Compte tenu de son engagement soutenu dans la région depuis de nombreuses années, les organismes municipaux et culturels ont suivi aisément. Le Fonds des Laurentides pour les arts et les lettres a contribué financièrement, Mirabel a mis le parc à sa disposition et fourni du soutien technique, et des entreprises de la région ont contribué à leur façon, soit par une aide financière, l’offre de matériaux ou de services. Pour la prochaine édition, en 2009, Suzanne Ferland L. aimerait bien recruter parmi ses partenaires une entreprise pour la réalisation d’un site internet qui contribuerait à l’ancrage et à la diffusion de l’événement.

Sculptrice, graveuse, Suzanne Ferland L. s’affiche fièrement comme une «porteuse de projet», un rôle qu’elle assume pleinement. «Tellement peu de gens se déplacent pour voir des expositions qu’il est important, en tant qu’artiste, de retourner vers le citoyen, d’aller montrer ce qu’on fait.»

Le travail in situ, durant les deux semaines de Sentier Art3, a donné lieu à diverses activités d’interprétation et de discussion avec le public, notamment le 5 août avec la tenue d’une table ronde sur le thème de l’art public en forêt, avec les artistes Steven Siegel et Suzanne Ferland L., et le directeur du Musée d’art contemporain des Laurentides, André Marion.

L’Américain Steven Siegel, une figure bien connue du land art, avait tous les jours avec lui une équipe bénévole de trois à cinq personnes pour l’assister dans la construction de son œuvre faite de près de dix tonnes de papier recyclé.

De son côté, Suzanne Ferland L. a travaillé avec des élèves de 3e année de l’école de St-Augustin, qui ont dessiné un visage sur une pierre. L’artiste a pris ces pierres, sculpté les visages dessinés par les élèves, et elle les a collées sur un hêtre, «un arbre qui réagit fortement quand on le blesse, précise l’artiste de façon imagée. En grandissant l’arbre va englober la pierre, la pierre qui deviendra le cœur de l’arbre.»

Quant à la Vancouveroise d’origine finlandaise Ingrid Koivukangas, elle a entrepris de souligner la présence animale dans le parc en peignant la silhouette de 33 animaux sur 33 arbres, avec une peinture rouge de confection artisanale à base d’huile de lin, d’oxyde de fer, d’eau et de pigment. Enfin, l’artiste Nicole Vincent, de Deux-Montagnes, a confectionné un nid d’oiseau géant avec de gros noyaux en bois de pin déposés au centre.

Le nid est tressé de branches entrelacées avec les racines des arbres environnants, l’ancrant ainsi à la nature pour les années à venir. Les enfants parlent de cette œuvre comme d’un «nid de dinosaures», ouvrant ainsi la voie du merveilleux pour des années à venir dans le bois de Belle-Rivière.

Sentier Art3

Partager ce contenu
Share on Facebook0Tweet about this on TwitterEmail this to someone